
Survenue au milieu de l’été 2007, la crise financière a trois ans. Malgré quelques phases de rémission, elle n’a toujours pas été maîtrisée et s’est même propagée à certains Etats de la zone euro. Après avoir dû lourdement s’endetter, notamment (mais pas seulement) pour venir en aide à leurs banques, les Etats seront tentés de leur en faire payer le prix politique. Trois types de réactions se dessinent : réglementaires, budgétaires et fiscales. Des réformes en matière de supervision financière ont été engagées dans certains pays mais la concertation internationale s’est limitée, pour l’essentiel, à des déclarations d’intention. Jusqu’ici, la lutte contre l’évasion fiscale est probablement le seul domaine où la crise a suscité, dans le cadre du G20, des décisions concrètes et de portée universelle. Pour la Suisse – l’une des principales places financières internationales et leader mondial dans le secteur de la gestion de fortune – ces développements constituent un véritable défi. Elle a déjà adopté diverses mesures réglementaires et modifié sa politique en matière de coopération fiscale. Dans ce dernier domaine, les banques suisses ont développé des propositions novatrices.